
La Maternité a permis, entre 1939 et 1944, à près de 600 enfants de réfugiés espagnols, juifs et tsiganes, de naître et de survivre à l’écart des camps.
« la guerre d’Espagne a en effet démontré, plus encore que les conflits précédents, que la Croix Rouge […] devait étendre son action aux victimes civiles des conflits internes ». Cornelio Sommaruga, président du comité international de la Croix Rouge
La Maternité d’Elne est fille des mouvements civils d’aide caritative nés de la Première Guerre Mondiale composés de pacifistes chrétiens de nationalités diverses inspirés par la morale évangélique.
Le Service Civil International appartient à cette mouvance. Ce sont les volontaires suisses de ce mouvement qui s’engageront tels des « missionnaires » dans le secours caritatif auprès de la population espagnole.
L’œuvre en Espagne prend pour nom l’Ayuda Suiza ou Ayuda composée d’une trentaine d’organisations.
Cette intervention « humanitaire » en Espagne est une réponse aux nouvelles formes de la guerre, où la différence entre front et arrière s’estompe, de même que disparaît, face aux risques celle entre soldats et civils.
L’accueil à la Maternité: une réponse pragmatique aux aléas de la guerre.
« De retour de l’Espagne, […] la mission suisse du Comité Neutre d’Aide aux enfants d’Espagne s’était installé à Elne, petite ville des Pyrénées Orientales non loin de la frontière, où une maternité avait été installée pour les femmes espagnoles réfugiées ». Rapport Parera, juin 1947
Au mois d’octobre 1939, une délégation du Service Civil International, dont fait partie Elisabeth Eidenbenz, cherche une solution afin de poursuivre l’assistance initiée à Brouilla. Trouver un lieu apte à accueillir une maternité. Elle finit par louer, une énorme bâtisse laissée à l’abandon à Elne : le château d’en Bardou. La direction de Zurich accorde une somme importante pour financer les travaux de réhabilitation.. De nombreuses femmes enceintes sont accueillies avant même l’ouverture officielle de la Maternité en janvier 40 où celle-ci est intégrée dans le cartel du Secours Suisse d’Aide aux Enfants Victimes de la Guerre. Dans les premiers mois, l’urgence se porte sur la prise en charge des femmes espagnoles internées au camp d’Argelès, de Saint Cyprien et de Bram dans l’Aude. Avec la déclaration de guerre en la France et l’Allemagne, le recrutement s’étend aux camps de la zone sud tels que Gurs dans les Basses Pyrénées ou Rivesaltes. L’invasion par l’armée allemande entraine l’arrivée de flots massifs de réfugiés dans le midi.
« la maternité d’Elne serait désormais mise à la disposition des femmes enceintes réfugiées de quelques nationalités que ce soient ». Rapport général d’activité du SSE, février 41.
Dès 1939, l’action entreprise par Elisabeth, ne se limite pas aux murs du château d’en Bardou, elle consiste aussi dans l’intervention quotidienne à l’intérieur des camps sous forme de soin et de nourriture.
« La moitié du lait que nous avons donné est distribuée dans les camps. […] Elisabeth et Bethli nous parlent encore avec véhémence de ces personnes qui meurent littéralement de froid ». Rapport hebdomadaire du SSE, décembre 1940






